E-CÉLÉBRITÉ, E-DÉAL OU E-LLUSION ?

Qui n’a pas rêvé, un jour, d’être célèbre… Et riche, parce que l’un ne va, généralement, pas sans l’autre et que, si être riche ne rend pas forcément célèbre -en dehors du classement annuel de Forbes- la célébrité appelle, souvent, une couverture médiatique que d’aucun voudrait vite voir se transformer en drap cousu de fils d’or…
Mais au fait, c’est quoi, la célébrité ? Si on en croit les différents dictionnaires : « grande notoriété, popularité, renom ». En somme, la notoriété c’est seulement une donnée quantitative, puisque c’est être très connu, et la célébrité (qui est donc une très très très grande notoriété, pour celles et ceux auxquels mon propos liminaire n’a pas apporté la lumière voulue…n’a pas nécessairement un sens toujours positif : à leur époque, Landru ou Hitler bénéficiaient d’une célébrité sans bornes.
Mais revenons à nos e-moutons et considérons que nous allons seulement nous intéresser à la « bonne » célébrité, celle qui permet d’être très connu, très aimé, très envié aussi. Et plus précisément à une nouvelle forme de célébrité, fruit des évolutions technologiques, la « e-célébrité ».
Andy Warhol, précurseur mais aussi quelque part « inventeur » de la téléréalité, disait « à l’avenir, chacun aura son quart d’heure de célébrité » ! Oui, trois fois oui ! Aujourd’hui, chacun peut, par le biais d’internet, d’une vidéo déjantée, d’un blog provocateur, d’un tweet incendiaire ou d’un blog captivant, devenir célèbre. Quelques exemples ? Rémi et ses canulars « n’importe quoi » hyper-gonflés, Norman, Cyprien ou La Ferme Jérôme avec leurs pastilles vidéo bricolées dans une chambre, les blogueurs Grégory Pouy (Sortez du Cadre) ou Clément Deltenre (Jet Society) et, même, une certaine Nadine M. dont les tweet « à la mitraillette » lui ont valu, consécration suprême, d’être « guignolisée » dans l’émission culte d’une certaine chaine cryptée… Constat intéressant : il n’y a pas si longtemps, passer à la télé constituait LE tremplin idéal pour devenir célèbre. Désormais, être e-célèbre est une des façons les plus rapides de se voir consacré par le petit écran. Renversement de perspective ? Sans doute, quand on voit à quels points les médias « traditionnels » trouvent dans internet une source quasi-inépuisable de nouvelles (e)célébrités qu’ils ne sont plus capables de générer eux-mêmes. Car sans vouloir plagier Mac Luhan et son célèbre (!!!) « le message c’est le media », je ne fais pas preuve d’une grande puissance d’analyse en affirmant que la célébrité passe nécessairement par le media. C’est simple : ce qui n’y est pas relayé n’existe pas, point barre !
Et aujourd’hui le media le plus puissant, c’est bien internet : il est mondial, il n’appartient à personne, il est accessible à tous et à tout, il permet un diffusion ultra rapide et auprès d’un public illimité, il est en permanence et totalement à la disposition de son utilisateur.
Et tout ça (presque) gratuitement !
Bref, je montre mon derrière sur internet et, pour peu que mon derrière sache réciter l’intégrale des Fables de La Fontaine, en quelques multiplications de clics le buzz (autrefois appelé la rumeur) se crée…en route pour la (e)célébrité !
À la portée de n’importe qui, étayée par n’importe quoi, pouvant arriver n’importe quand, la e-célébrité n’est-elle qu’un tremplin vers la lumière accessible à tous les e-diots ????
Raccourci bien trop rapide et radical. Que ce soit à travers des vidéos ou des écrits, le blogueur « e-célèbre » ne peut l’être durablement que par le biais de contenus riches de sens (drôles, impertinents, provocants, intelligents, touchants…) mais, malgré tout, simples d’accès et jouant sur la capacité « d’identification » à un public qui saura y trouver « son compte » de plaisir, de bonne humeur ou de sujets de réflexion…
Certes la e-célébrité, comme la célébrité tout court, confère un statut, induit une notion de « référence », installe le blogueur dans une position particulière : celle d’un anonyme que sa e-production révèle au grand jour à des milliers d’autres anonymes, leur laissant entrevoir que, peut-être un jour, il peuvent, eux aussi se retrouver dans cette situation.
C’est pourquoi, me semble-t-il, au-delà d’un statut, la e-célébrité confère également des responsabilités. Nul ne pouvant s’exonérer de ce qu’il écrit, dit ou fait sur la toile aux yeux du monde entier, il faut être en permanence conscient, opiniâtre et lucide.
Conscient que, face à une « concurrence » sans limite, la e-célébrité de l’un peut être très vite détrônée par celle d’un autre.
Opiniâtre car le blogueur lui-même détient toutes les clés de sa e-célébrité comme de sa pérennité. Elle ne dépend que d’une connexion internet et de sa capacité à nourrir régulièrement son blog de contenus à même de captiver son public.
Lucide parce que, malgré quelques exemples récents (Cyprien recruté par Google, Norman qui va jouer dans le prochain film de Maurice Barthélémy), la e-célébrité n’est pas la voie royale vers un avenir de gloire et de fortune systématiquement assuré.
C’est aussi une question de choix personnel. Rester, le plus longtemps possible bien sûr,  e-célèbre nécessite un travail de tous les instants dans la course au followers, le maintien (l’accroissement même !) du nombre et des stats du blog.
Mais être uniquement e-célèbre peut aussi préserver de tous les aspects les moins glamour de la célébrité « ordinaire » : surexposition médiatique, vie privée étalée au grand jour, harcèlement des paparazzis, etc….et puis un jour, le possible oubli…
Alors, e-célébrité, e-déal ou e-llusion ? Cela ne dépend que de vous, chères blogueuses et chers blogueurs, de ce que vous publiez et publierez, de votre désir de basculer du côté le plus scintillant cette notoriété dont vous pouvez bénéficier…
Pour conclure, une citation du philosophe Friedrich Wilhem Nietzsche, seulement « célèbre » car point d’internet de son vivant, qui me semble ouvrir le débat plutôt que le refermer : « Combien vont vers la lumière, non pas pour mieux voir, mais pour briller davantage »….

 Léo Myself 

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